J’ai plaqué le dernier accord et, montant des gradins et du parterre, comme sort du ventre de la terre le grondement d’un fleuve souterrain, magique et fou, le cri des cinq mille poitrines du public protéiforme m’a soulevé, comme l’aurait fait un bras de géant, pour me placer sur le nuage duquel vingt-quatre heures plus tard je ne suis pas encore redescendu !
Ah vingt dieux quel panard !
J’avais déjà un peu connu ça avec l’Olympia, mais là, dans le gigantesque hangar qu’est Bercy, les sensations sont démultipliées ! Étrangement la scène, pourtant immense, n’est pas pour autant inconfortable et, lorsque la lumière se fait un peu plus tendre, lorsque les projecteurs de Jacques Roverolis baissent un peu, on pourrait presque voir les yeux du public et se croire dans un lieu intime. C’est le volume des rires et des bravos qui ramène à la réalité. Ici cinq mille personnes communient, chantent, dansent, écoutent, rêvent et pleurent, toutes ensemble et crient leur bonheur d’être là !
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